Concevoir une formation en ligne : méthode
Construisez votre formation autour d’un résultat concret, d’exercices et de corrections. Suivez un exemple de plan et une fiche de leçon à copier.
Pour concevoir une formation en ligne, définissez ce que votre élève devra savoir faire, repérez ce qui l’en empêche aujourd’hui et construisez vos leçons autour de ces obstacles. Chaque leçon doit lui donner un exemple, un exercice et un moyen de vérifier son travail. Testez une leçon complète avant d’enregistrer le reste.
Vous avez probablement déjà une liste de sujets à enseigner. Le plus difficile, c’est de choisir ce qui mérite une leçon, dans quel ordre présenter les notions et ce que vos élèves feront avec tout ça.
Cet article vous aide à transformer cette liste en plan de formation. Il s’appuie sur les chapitres consacrés à la pédagogie et à la rédaction de notre guide de création de formation. Pour suivre le raisonnement, prenons un exemple fictif : une formation qui aide des consultants indépendants à rédiger la page de vente de leur premier atelier payant.
Commencez par un travail que votre élève pourra réaliser
« Comprendre le marketing » ne vous aide pas beaucoup à choisir vos leçons. « Rédiger la page de vente d’un atelier » vous donne un point d’arrivée. Vous pourrez lire cette page et vérifier si un visiteur comprend à qui s’adresse l’atelier, ce qu’il pourra faire ensuite et comment s’inscrire.
Complétez cette phrase : À la fin de la formation, [personne] saura [réaliser une tâche], avec [ressources], en respectant [critères]. Les critères comptent. Une page existe dès qu’on y écrit un titre. Une page utilisable demande un peu plus.
Pour notre exemple : « Un consultant indépendant qui a déjà défini son atelier rédigera une page de vente qui nomme le client visé, décrit le résultat de l’atelier, affiche le prix et répond aux questions pratiques nécessaires pour s’inscrire. » Cette formation suppose que l’offre existe déjà. Trouver une idée d’atelier qui se vendrait serait un autre sujet.
Précisez aussi le niveau de départ. Demandez à de futurs élèves de vous montrer leur tentative actuelle ou de raconter ce qui les a bloqués. Ces réponses vous aideront à choisir le contenu plus directement qu’une simple fiche avec leur âge et leur métier.
Repérez l’obstacle avant de choisir la leçon
Le chapitre sur la pédagogie distingue cinq types de lacunes : les connaissances, les compétences, l’environnement, les habitudes et la motivation. Utilisez-les pour comprendre vos élèves. Vous n’avez pas besoin d’en faire cinq modules obligatoires.
Un consultant qui n’arrive pas à expliquer son atelier peut avoir besoin d’exemples de promesses claires. S’il reconnaît une bonne promesse mais n’arrive pas à rédiger la sienne, il lui faut un exercice. S’il l’a rédigée mais ne sait pas la publier, il lui manque peut-être un accès à un outil de création de pages. Une vidéo de plus sur les titres ne réglera pas ce dernier problème.
- Connaissances : quelle notion faut-il expliquer avant qu’il puisse essayer ?
- Compétences : que sait-il reconnaître sans réussir à le faire lui-même ?
- Environnement : quel outil, document ou accès lui manque-t-il ?
- Habitudes : quelle action devra-t-il répéter pour avancer ?
- Motivation : à quel moment risque-t-il de perdre confiance ou de ne plus voir l’intérêt du travail ?
Prévoyez une réponse à chaque obstacle : une explication, un exemple commenté, un exercice, un modèle ou la possibilité de poser une question. Placez cette aide au moment où elle sera utile. Les instructions pour configurer l’outil de création de pages doivent apparaître avant l’exercice de publication, pas au fond d’un dossier de ressources.
Placez les tâches dans l’ordre où elles seront utiles
Listez les travaux nécessaires pour atteindre le résultat final. Puis regardez ce qui doit être fait avant chaque tâche. L’élève doit clarifier la promesse de son atelier avant de rédiger un titre utile. Il lui faut une première version de sa page avant de demander à quelqu’un si elle est compréhensible.
Voici un plan possible pour notre formation fictive. Le nombre de modules découle du travail à réaliser ; ce n’est pas un quota à remplir.
| Module | Travail réalisé par l’élève | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Clarifier l’offre | Un paragraphe qui nomme le client, le problème et le résultat de l’atelier | Le résultat décrit une action que le client pourra réaliser |
| Rédiger le haut de la page | Un titre, une introduction et un bouton d’inscription | Un nouveau lecteur peut expliquer à qui s’adresse l’atelier |
| Répondre aux questions pratiques | Les rubriques sur le contenu, le format, la date, le prix et les prérequis | Le lecteur trouve les informations sans vous contacter |
| Corriger et publier | Une page révisée avec un lien d’inscription vérifié | La page est compréhensible et l’inscription fonctionne |
Vous remarquerez qu’il manque l’histoire de la publicité, le comparatif de tous les outils de création de sites et les dizaines de formules de titres que vous avez collectées. Ces sujets vous intéressent peut-être. Votre élève n’a pas forcément besoin de tous les connaître pour rédiger sa première page.
Quand vous hésitez à ajouter une leçon, terminez cette phrase : « L’élève en a besoin pour réaliser ___. » Si vous ne pouvez pas nommer la tâche, gardez le contenu de côté. Vous pourrez proposer des références facultatives sans les imposer à tout le monde.
Construisez une leçon autour d’un premier essai
Avant de rédiger votre script, précisez quatre éléments : le résultat, l’explication, l’exemple et l’exercice. Pour une leçon sur la promesse de l’atelier, le résultat pourrait être une phrase qui nomme le client visé et ce que l’atelier l’aidera à faire.
Expliquez le choix à effectuer. Montrez une promesse vague, comme « Améliorer sa communication avec les clients », puis une version plus précise : « Préparer un ordre du jour pour terminer sa réunion avec une décision et une prochaine action attribuée à quelqu’un. » Expliquez pourquoi la seconde permet au client de mieux comprendre ce qu’il va travailler.
Donnez ensuite une consigne : « Rédigez la promesse de votre atelier. Soulignez l’action que votre client va pratiquer. Si vous ne trouvez pas d’action à souligner, reprenez votre phrase. » L’exemple présente le critère ; l’exercice demande à l’élève de l’utiliser.
Copiez cette fiche pour préparer votre leçon :
- À la fin de cette leçon, vous aurez réalisé : ___.
- Pour y arriver, vous devez savoir : ___.
- Voici un exemple complet et ce qui le rend utile : ___.
- Votre exercice, appliqué à votre situation : ___.
- Avant de continuer, vérifiez : ___.
- Si vous êtes bloqué, posez votre question ici : ___.
Il n’existe pas une durée de vidéo qui conviendrait à toutes les leçons. Une courte explication peut suffire pour un choix simple. Une démonstration dans un logiciel peut prendre plus de temps. Séparez la leçon si elle contient plusieurs tâches distinctes, mais conservez les détails nécessaires pour essayer. Pensez aussi au temps de l’exercice : regarder la vidéo n’est qu’une partie du travail.
Prévoyez comment vérifier le travail
Après votre explication, l’élève doit savoir si son premier essai répond à la consigne. Rédigez les critères de correction en même temps que l’exercice. Vous repérerez aussi les consignes trop vagues pour être évaluées.
Pour la promesse de l’atelier, vérifiez trois points : elle nomme un client précis, elle décrit une action observable et elle correspond au contenu enseigné. « Bravo ! » aide moins que : « Vous avez nommé le client, mais “prendre confiance” n’explique pas ce qu’il va pratiquer. Précisez la tâche que cette confiance l’aidera à réaliser. »
Choisissez un mode de correction que vous pourrez tenir dans la durée. Une checklist suffit pour vérifier qu’un lien d’inscription s’ouvre. Un choix de rédaction peut demander un corrigé commenté, un retour d’un autre élève ou votre propre avis. Si vous promettez des corrections individuelles, prévoyez le temps de lecture, de réponse et de vérification de la deuxième version. Notre article sur le feedback pédagogique détaille les commentaires utiles et le temps à prévoir.
Quand la révision compte, intégrez-la à la consigne : envoyer une première version, recevoir un commentaire, puis modifier son travail. Une case cochée ou un certificat marque une étape. Cela ne remplace pas la vérification de la compétence que vous avez promis d’enseigner.
Choisissez le format une fois l’exercice défini
Utilisez une capture d’écran vidéo pour montrer où saisir le texte de la page. Préférez du texte quand l’élève devra copier une consigne ou retrouver une checklist. Proposez un exemple annoté quand l’essentiel est de comprendre pourquoi une phrase fonctionne.
Vous n’avez pas besoin de tous les formats à chaque leçon. Chaque ressource ajoutée vous donne du contenu à maintenir et un endroit de plus où l’élève doit chercher. Ajoutez-la si elle l’aide à réaliser l’exercice.
Choisissez votre plateforme avec les mêmes questions : l’élève peut-il trouver la prochaine tâche, envoyer son travail et poser une question là où vous la verrez ? Dans SchoolMaker, les étapes intégrées aux leçons peuvent lui demander de réaliser une action, de rédiger une réponse ou d’envoyer un fichier. C’est utile pour une leçon qui se termine par un brouillon à corriger. Il vous reste à rédiger la consigne et à définir ce qu’est un bon brouillon.
Testez une leçon complète avant de tout enregistrer
Donnez à un futur élève une leçon avec son exemple, son exercice et ses critères de correction. Demandez-lui d’essayer. Précisez que vous testez vos instructions : une question mal comprise vous aide à améliorer la formation.
Observez où il hésite. Comprend-il la consigne, mais manque-t-il d’un exemple ? Recopie-t-il votre exemple parce qu’il ne sait pas l’adapter ? Trouve-t-il où envoyer son travail ? Demandez-lui ce qu’il pensait devoir faire ensuite, puis comparez le travail rendu aux critères que vous aviez définis.
Si l’exercice ne fonctionne pas, modifiez-le avant de produire les autres leçons. Il manque peut-être un prérequis, une consigne plus précise ou un exemple de brouillon en cours de correction. Faites tester la nouvelle version. Une vidéo plus soignée ne vous dira pas, à elle seule, si le problème est réglé.
Essayez aussi la leçon sur un téléphone : lisez la consigne, ouvrez l’exemple et envoyez le travail. Vérifiez les sous-titres et la lisibilité des textes dans les vidéos. Si l’exercice nécessite un logiciel sur ordinateur, indiquez-le avant que l’élève commence.
Votre prochaine étape : préparer la première leçon
Ouvrez un document. Écrivez le résultat final de votre formation, le niveau de départ de l’élève et la première tâche qui le rapproche de ce résultat. Complétez la fiche de leçon ci-dessus pour cette tâche.
Vous aurez quelque chose à faire tester avant de vous lancer dans des semaines d’enregistrement. Pour le reste du processus, notamment le choix du sujet et la validation de la demande, suivez le guide complet de création de formation. Pour les premiers jours après l’inscription, utilisez la checklist d’accueil des élèves.